Certes au niveau tiroir-caisse, c'est le grand beau fixe. Barack Obama est l'homme qui fait pleuvoir les millions. Il met une claque aux champions sortants les Clinton et garde une impressionnante avance sur son challenger Républicain, cancre en la matière, que son camp renâcle à financer.
Mais pour le reste, la semaine n'a pas été bonne pour le sénateur de l'Illinois dont la campagne ressemblait jusqu'alors à une série télé. Il y a bien sûr eu les non-victoires de mardi dernier, pour ne pas dire défaite vu que la proportionnelle a largement amorti l'échec. Et le camp Clinton apporte d'ailleurs un bémol sur le financement en affirmant que les victoires de ce super tuesday bis ont regonflé le moral de leurs bâilleurs de fonds.
Quoi qu'il en soit donc, un gadin et un concession speech qui a laissé de marbre les chroniqueurs d'ordinaire sous le charme de la verve obamienne. Conséquence première : des Primaires qui s'éternisent et qui risquent* de fragiliser le camp Démocrate face à McCain.
On sent bien d'ailleurs qu'Obama brûle de se mesurer au candidat Républicain. Il s'est même projeté directement sur l'automne prochain lors de son concession speech de mardi dernier en écartant de façon peu élégante sa challenger démocrate. Bon on le comprend Barack. Il n'en peut plus d'Hillary, sa larme à l'oeil, son rire de chasse d'eau et son gros Bill de mari. Lui ce qu'il voudrait, c'est casser du héros, du vétéran, de l'incorruptible. Bref, enfin un concurrent à sa mesure.
Mais on a comme l'impression que ce faisant Obama est victime du syndrome Jospin : avoir un coup d'avance alors que le premier n'est pas gagné. Du coup, ça flotte dans ses équipes de campagne, sans doute fatiguées il est vrai et confrontées à une presse moins tendre, et on en arrive au bon gros dérapage de fin de semaine de sa conseillère en politique étrangère.
A tous ceux qui ont brocardé Condie Rice, voilà de quoi réfléchir... On aurait bien aimé voir ce qu'ne conseillère en diplomatie qui se fait faucher de la sorte aurait donné face à l'Iran, l'Irak ou le Venezuela... Et Americana apporte une précision piquante à l'affaire, une second effet kiss cool pour les Clinton quand bien même le fond du tableau n'est guère reluisant pour eux. Amorale la politique ? Ben oui...
* plusieurs commentateurs soutiennent la thèse inverse
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Obama privé de Power
Analyse piochée sur nonfiction.fr