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Ce sont les premiers vrais perdants de la course à la Maison Blanche et ils tirent leur révérence le même jour. John Edwards et Rudy Giuliani donnent chacun à leur façon le contre-exemple de ce qu'il faut faire si l'on veut rafler l'investiture à la Maison Blanche.
A tout seigneur, tout honneur, le raté le plus spectaculaire est celui de l'ex-maire de New-York. Il n'est pourtant pas si loin le temps où Rudy Giuliani caracolait en tête des sondages. 11 septembre et bilan sécuritaire de maire aidant, il semblait le seul à pouvoir entraîner les électeurs sur le terrain où les Républicains gagnent : la peur.
Le "Sarkozy américain" dixit un de ses conseillers est victime d'une tactique suicidaire de campagne qui fera jurisprudence pendant de nombreuses années auprès des spin doctors aux rubriques : "ça c'est fait", "ne pas faire". On a du mal d'ailleurs à croire qu'il puisse trouver des clients pour son cabinet de conseil lorsqu'il va reprendre cette activité professionnelle. Mais il est vrai qu'il pourra toujours demander des tuyaux à Alain Minc ou Jacques Attali.
Donc voilà Giuliani avait décrété qu'il y avait des citoyens de premier ordre et d'autres de secondes zones. Et qu'il ne ferait donc campagne qu'auprès des premiers, retraités floridiens, bobo new-yorkais, yuppies californiens, pétrocrates texans, laissant ses médiocres challengers s'écharper pour le vote des seconds, ploucs de l'IOwa et indépendants du New Hampshire en tête.
Mais la morale de cette histoire, c'est que les secondes zones qui ont eu le dernier mot. Les bouleversements du calendrier des primaires n'y ont rien changé : l'effet boule de neige a bien eu lieu. Faire fi du poids disproportionné des premières primaires s'est donc avérée la pire stratégie de cette campagne 2008. Voilà au moins un prix pour Rudy.
Bémol à cette analyse et plus cruel encore pour pour Giuliani, plusieurs commentateurs insistent sur le fait que Giuliani a snobé l'Iowa et le New Hampshire non pas par choix mais par nécessité. Il a bien tenté d'y faire campagne mais les résultats étaient si négatifs qu'il s'est concentré sur les seuls Etats où il conservait un capital sympathie auprès des électeurs. Nul ne se suicide électoralement volontairement en somme. Cette tactique "droit dans le mur" était le fruit des résultats sur le terrain. A se demander si Giuliani n'a pas continué sa campagne uniquement pour avoir le temps de dépenser ses dollars. Et à choisir, autant le faire sous le soleil de Floride...
Côté John Edwards, rien d'aussi spectaculaire mais un échec d'une tactique à la Fabius ( si, si ). Le candidat des exclus du rêve américain n'a pas réussi son pari de prendre le parti démocrate par son aile gauche. En dépit d'une conjoncture économique défavorable, et donc favorable à ses thèmes de campagne, Edwards n'a pas su gagner sur le terrain qui comptait cette fois-ci chez les démocrates : le rêve.
Après huit ans de cauchemar Bush, les démocrates ont envie de rêver et de croire que "l'Amérique est de retour", cette Amérique qu'ils aiment et non pas celle de Guantanamo. C'est là que le parallèle avec l'élection de Reagan côté Républicain en 1980 est relativement pertinente. Car les électeurs démocrates et indépendants sont dans le même état d'esprit que les électeurs républicains d'alors : ils veulent tourner la page et se tourner vers un avenir radieux.
Ajoutons à cela qu'à l'instar de la conversion de Fabius au nonisme, celle d'Edwards au populisme a paru à bon nombre comme une simple tactique électorale. La ficelle était un peu grosse sans doute. Et jusqu'au physique du candidat qui jurait avec ce positionnement bras de chemise, damnés de la terre. N'est pas Michael Moore qui veut.
A ce petit jeu-là, Edwards n'avait pas d'espace entre Hillary qui leur explique que cet avenir radieux se trouve derrière eux, dans un âge d'or clintonien qu'elle va ressusciter après avoir refermé la parenthèse Bush, et Obama qui leur évoque de nouveaux horizons avant qui sait, peut-être, une nouvelle frontière.
En vrac mais pas en vrille :
Au coeur d'une campagne musclée ( Ma grosse pomme )
American idol, un avion, un singe = le nouveau président ( Inside the USA )
USA 2008 : Rudy le déconfit, John le dwarf
Les éditos, posts et reportages du 31 janvier 2008
Commentaires
Par larevuedeweb, Vendredi 01/02/2008 à 11:48 -
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Le plus cruel des épitaphes pour la campagne de Rudy Giuliani est formulé par Inside the USA :
http://insidetheusa.net/2008/02/02/le-delegue-qui-valait-50-millions/
Par larevuedeweb, Dimanche 03/02/2008 à 12:28 -
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"Il est temps pour moi de me retirer"
Le commentaire sur le retrait de John Edwards d'Helena Obolesnky d'Ipol repris sur Libé, avec une vidéo de l'allocution du désormais ex-candidat.